AU-DELÀ DU TEMPS (2018)

à Philippe Arrii Blachette - Editions Leduc
mezzo-soprano et harpe - durée : 12’
poème d’Allain GAUSSIN, extrait de L’attente… L’absolu, éditions d’écarts, Paris 2013
commande de l'Ensemble Sillages et de l'IMEP à Namur (Belgique)
création : 24 janvier 2019, France, Brest, Auditorium du Quartz
Ensemble Sillages, Isabel Soccoja (mezzo-soprano), Aïda Aragoneses (harpe)

 

Note de programme

Qu’est-ce que le Temps ? Comment le décrire ? Ce mystère que bien des philosophes ont tenté d’approcher, nous interroge également. Présente dès mes premiers poèmes de jeunesse, ma réflexion sur le Temps est devenue aujourd’hui l’objet central d’un poème que j'ai écrit récemment, avant que je ne décide de l’intégrer dans ma musique.

Au-delà du Temps est une sorte de défi pour tenter de saisir l'insaisissable, le fuyant, l'inaccessible. L’œuvre comporte cinq parties enchaînées sans discontinuité, révélant cinq allégories du Temps : Instant virtuel, Miroir du Temps, L’abîme du Temps, Spirales paradoxales, Au-delà du Temps.

Dans ma partition, le poème n’est jamais chanté (sauf parfois le mot Instant). Je n'ai pas cherché non plus à le rendre compréhensible, bien au contraire. J'ai plutôt cherché à distordre temporellement certains mots ou certaines expressions, soit par des dilatations, en les chuchotant très lentement, soit par des compressions pour faire surgir comme des flashs la couleur des consonnes et des voyelles. Par opposition, celles-ci pourront également, être chantées par diverses formes de vocalises plus ou moins longues.
Sont également insérés ici et là de nombreux silences, afin de créer une suspension dynamique du Temps dans laquelle tournoient la résonance et la cristallisation du poème que l'auditeur aura lu auparavant.

La harpe, loin d'avoir un rôle de simple accompagnement, souligne la fragilité de cette quête temporelle au moyen de modes de jeu extrêmement diversifiés et parfois virtuoses. Elle se fera légère, aérienne, fugace, et même parfois prédominante. Au début, un ostinato d’accords, tel le lent balancier d’une horloge astronomique, introduit peu à peu les matériaux. De là, émergent d’autres chemins révélant les arcanes du Temps et de l’Instant. La trace est métaphorique et subliminale.

3A

« Qui pourra le définir ? Et pourquoi l’entreprendre puisque tous les hommes conçoivent ce qu’on veut dire
en parlant du temps, sans qu’on le désigne davantage ».

        Pascal

 

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